OEUVRES VIVES #5 Batofar
Tim Hecker - Ben Vida (solo)
â–º TIM HECKER
La musique de Tim Hecker est radieuse, rayonnante, irradiante
: mélange savant de patiente orfèvrerie électronique et de
déferlements bruitistes, elle construit puis détruit puis
reconstruit des arches entre Profane et Sacré, Déluge et
Terre Promise. Elle a quelque chose de religieux. C’est dans
le cadre solennel d’une chapelle islandaise que le Canadien a
enregistré son dernier album Ravedeath, 1972 (Kranky, 2011),
s’associant – brillamment - pour la première fois au génie
austral exilé en terres arctiques : Ben Frost, le bien
nommé.
Rare sur la scène parisienne, on se souvient de son passage
remarqué à La Fondation Cartier en 2009, à l’occasion de la
sortie de An Imaginary Country, et quelques chanceux
aficionados auront pu l’apercevoir au printemps dans le cadre
intimiste de l’Espace B.
Comment sonne la musique céleste jouée sous l’eau ? Réponse
le 3 octobre à fond de cale, au Batofar, et le 4 octobre sur
l’I-Boat (Bordeaux). Nous n’y tenons plus.
â–º BEN VIDA
La valeur n’attend point le nombre des années : Figure
incontournable de la scène post-rock américaine, depuis plus
de dix ans, infatigablement, et à 35 ans seulement, Ben Vida
compose, écrit, joue (bien et de tout), enregistre et tourne
(seul ou en bande), sous les noms Town and Country, Singer,
DRMWPN ou Bird Show. Signature de l’exigeant label de Chicago
Kranky (Labradford, Charalambides) aux côtés de Tim Hecker,
on le retrouve aussi chez les recommandables Thrill Jockey et
Drag City. Ben Vida est aussi – c’est important - la douce
moitié de Soft Circle, le nouveau et superbe projet d’Hisham
Baroosha (Black Dice).
En solo (guitare-synth) Ben Vida alterne traditionnellement
sonorités lo-fi et psychédélisme débridé, drone et
compositions automatiques, noise et acid-folk, dans un
patchwork formidable bien qu’indescriptible, où l’on retrouve
pêle-mêle John Fahey, Keith Fullerton Whitman, Terry Riley ou
encore le Grateful Dead.